samedi 24 décembre 2011

Rainy Mountains


Nos clichés sur l’Australie viennent d’en prendre un sacré coup : on imaginait qu’on allait passer notre temps sur des plages de sable fin à fondre sous un soleil ravageur ; au lieu de ça, on vient de passer 3 jours dans les montagnes sous des pluies diluviennes à se les peler.

Ça n’a pas suffit pour nous décourager d’aller randonner au cœur des Blue Mountains (massif situé à 150km à l’ouest de Sydney et qui porte ce doux nom en raison du voile bleuté qui recouvre ces montagnes en raison des émanations des forêts d’eucalyptus) ou pour gâcher la beauté des paysages (tout au plus ça a limité la qualité des photos). Et si on voit les choses du bon côté, ça nous a permis de temporairement laisser de côté les lingettes pour bébé (seul moyen qu’on a trouvé pour rester propre certains jours), au profit de bonnes douches vivifiantes et naturelles.



Au final, on a retrouvé le soleil (de manière assez précaire) en se rapprochant de la côte au  Nord de Sydney où nous avons rejoint nos 2 ymarois prêts à en débattre avec le bitume australien ainsi que Jean-Gab qui nous a accueilli très chaleureusement dans sa jolie ville de Dee Why. 

lundi 19 décembre 2011

La capitale du consensus


Après une première semaine à avoir fait des sauts de puces le long de la côté Sud-Est du pays, nous avons quitté nos compagnons de route pour rentrer dans les terres et entamer une remontée vers le Nord (ce qui nous permettra d’ici quelques jours de venir crocher 2 joyeux français qui déboulent à Sydney pour un ambitieux road trip).

Le contraste entre le littoral et les terres est assez saisissant. Il suffit d’une petite heure de route pour passer des falaises abruptes, des plages à l’eau turquoise et de la végétation verdoyante à des paysages plus secs alternant des grands plateaux arides et des montagnes boisées assez fraîches et mystérieuses. Le tout est ponctué de petites bourgades dont les décors et l’ambiance paraissent tout droit sortis de vieux westerns : énormes troupeaux de vaches, vestiges d’une ancienne ruée vers l’or, pubs aux façades copiés collés des films de Sergio Léone, carcasses de kangourous sur les bords de route et vieux picks-up qui font office de montures pour les culs-terreux du coin.

Au beau milieu de tout ça se dresse une sorte de champignon urbain, Canberra, la capitale australienne. 5mn avant d’y rentrer, c’est le désert, et idem 5mn après en être ressortie. Entre les 2, une ville moderne, aux allures de grande zone d’activité aseptisée, scindée en 2 par un lac et dans laquelle la nature a été complètement domestiquée. Tout y est propre et entretenu, presque trop, et ses rues manquent franchement d’animation et de caractère (on a été capable de marcher plus de 10mn dans la ville un samedi après-midi sans croiser la moindre personne, de quoi faire rêver les parisiens… !).

Ce côté « sortie de nulle part » s’explique par l’histoire de la ville, celle d’un compromis datant du début du 20ème siècle : ne voulant pas trancher entre Melbourne et Sydney, entre terre et mer et entre culture aborigène et influence coloniale, les dirigeants de l’époque ont décidé de bâtir de toute pièce une nouvelle ville destinée à héberger le pouvoir politique du pays dans un lieu de consensus (le problème avec les consensus, quels qu’ils soient, c’est que ça manque toujours un peu d’âme et de fantaisie !). Du coup, la construction de Canberra a été lancée, sur la base de plans d’architectes partis d’une feuille blanche pour arriver à une ville concept, qui dénote sacrément avec ce qu’on avait vu jusqu’ici du pays. 

Assez paradoxalement, la raison pour laquelle on s’est aventuré jusqu’ici, c’était au contraire pour essayer de comprendre un minimum l’histoire et la culture du pays. Et au final, on n’a pas été déçu. Effectivement, cette ville ne ressemble pas franchement à l’Australie, mais comme pour compenser ça, elle concentre tout ce qu’il se fait de plus représentatif pour donner un sentiment d’unité à la nation australienne. Y siègent donc les principales institutions politiques, économiques, éducatives et culturelles du pays (de telle sorte qu’une majeure partie de la population de la ville est constituée de fonctionnaires).

De notre côté, nous nous sommes principalement attardés sur 3 lieux de la capitale :
  • Le National Museum, grand bâtiment d’architecture moderne abritant des tas d’expositions sur des thèmes très variés et parfois étranges : les ornithorynques, l’art aborigène, les voitures Holden, la construction de l’opéra de Sydney, le surf, les Jeux Olympiques, etc…  Pour faire simple, le visiteur est amené à se faire sa propre idée sur ce qu’est la culture du pays en venant piocher entre toutes ces petites briques. Ça ne donne pas un moule formaté et préconçu, mais j’imagine que chaque australien doit pouvoir s’y retrouver ! Et pour nous, ça nous éclaire un peu sur ce qui compose l’identité du peuple australien ;
  • Le parlement, construction étrange en forme de colline recouverte de gazon et surmonté d’un énorme mat en haut duquel flotte le drapeau du pays; et l’ancien parlement, d’architecture plus classique anglaise et devant lequel siège l’ambassade aborigène, une tente de fortune montée là par contestation et preuve que l’intégration des « first australians » n’est pas aussi simple et réussie qu’on voudrait le faire croire ;
  • Le vieux dépôt de bus, qui héberge un grand marché chaque week-end et qui redonne un peu de vie et d’animation à cette ville qui semble en manquer cruellement, même si ça reste très propret et bon enfant! Mais on peut y déguster librement plein de bonnes choses, et ça, vu les limites de notre cuisine ambulante, c’est loin d’être négligeable !

Pour résumer, on a visité une capitale qui ne ressemble pas franchement à son pays (tout du moins à ce qu’on en a vu jusqu’ici), mais l’avoir visitée nous a permis de mieux le comprendre. C’est pas très cohérent, peut-être, mais avoir choisi Canberra comme capitale ne l’est pas non plus alors bon !

Philosophie du petit coin


"Some come here to sit and think,
Some others come here to shit and stink"

Je vous laisse le plaisir de la traduction de cette prose.

samedi 17 décembre 2011

Connectivité précaire


Rassurez-vous, pas de grève à déclarer parmi nos équipes en charge de la mise à jour du blog ou des relations skype ou mail, c’est juste que nos conditions d’accès à Internet en Australie sont assez précaires.

On alterne entre les Mc Do (voire les parkings de Mc Do), les bibliothèques et les bornes d’accès publics pour se connecter, on en viendrait presque à regretter le confort indien !


Mise en route


Après un départ relativement laborieux (cf message d’il y a quelques jours), on a finalement rapidement trouvé notre rythme de croisière. 

Avoir son propre véhicule pour visiter l’Australie et vivre en itinérant semble bel et bien être le moyen le plus adapté pour découvrir le pays, mais encore faut-il savoir comment s’y prendre ! Vu de France, ça paraissait être un jeu d’enfants : on s’installe derrière le volant, on roule là où le vent nous mène, on met le frein à main quand on voit un joli paysage (ce qui n’est pas compliqué ici, la moindre vallée perdue est tout simplement grandiose) et on se laisse porter. La réalité ressemble à ça, à quelques détails près ; faire de l’itinérant implique une bonne dose de logistique et d’organisation et les dollars ont une fâcheuse tendance à être très volatiles dans cette contrée ! Du coup, il y a un pli à prendre, mais rien d’insurmontable ! Pour cela, quelques bonnes rencontres nous ont bien aidé à découvrir rapidement les grands principes comme les petites astuces indispensables pour profiter pleinement du périple et s’y retrouver financièrement.


Dès le lendemain de notre arrivée, après avoir échoué au fin fond d’un parc naturel assez isolé au niveau de Shellharbour, nous avons fait la rencontre de 2 autres couples de français qui en plus de sembler super sympas (ce qui s’est confirmé par la suite) et d’aller dans la même direction que nous avaient l’avantage d’avoir quelques kilomètres de routes australiennes au compteur (Ingrid et Sylvain sillonnent le pays en voiture depuis plus de 3 mois, Virginie et Alex en van depuis 3 semaines). Le contact étant bien passé, nous avons donc décidé de faire route commune le lendemain et cela dure maintenant depuis 3 jours, de quoi passer du bon temps et nous donner une formation accélérée. Nos premières leçons ont porté sur les thèmes suivants :

  • L’utilisation des barbecues au gaz que les autochtones, grands consommateurs de viande, ont la bonne idée de mettre partout (on peut aussi bien y faire dorer des saucisses que griller son pain ou bouillir de l’eau) ;
  • Les techniques pour dormir à moindre frais, avec un minimum de confort tout en évitant d’être réveillé par un Ranger qui vous demande énergiquement en plein milieu de la nuit de décamper, le camping n’étant pas toléré partout ;
  • L’analyse fine du rapport rendement / prix des différents types d’essence (Sans plomb classique contre Sans plomb mélangé à l’Ethanol) ;
  • Le mode de fonctionnement des offices de tourisme, souvent gérés par des retraités bénévoles et vraiment bien conçus ici ;
  • Le caractère indispensable de l’achat de la bible du caravaning en Australie (Camps volume 6), qui nous permet de nous aventurer dans des no mans land sans stress   ;
  • Le covoiturage avant de pénétrer dans les parcs nationaux dont les droits d’entrée sont facturés par véhicule et non par personne ;
  • Les moyens d’entretenir, de rafistoler et de perfectionner son van, le notre n’étant pas de première fraîcheur, il faut bien le dire ; 

Bref, des tas de renseignements hyper pratiques qui nous permettent d’aborder aussi bien les nationales et que les dirt roads (« routes » non goudronnées) tout en profitant pleinement du cadre idyllique et sans trop se soucier de savoir comment dormir ou se nourrir. En plus, pour compléter la panoplie, on s’est doté de l’équipement ultime, une canne à pêche à 5$, on ne manquera pas de vous signaler notre première prise, si elle arrive un jour !

mardi 13 décembre 2011

Into the wild

Seulement 3 jours dans ce pays, et on a déjà pris un énorme bol de nature et de vie sauvage :








Sans pression


Bon, soit, ce pays semble magnifique, soit les gens y sont adorables, soit on y prend du bon temps, mais pourquoi la bière (et l’alcool en général) y est elle si chère ? C’est d’autant plus incompréhensible qu’avec une consommation moyenne de 1,06 l/jour, les australiens figurent dans le peloton de tête des plus gros consommateurs au monde !

En moyenne 10 / 12 $ le pack de 6, ça va pas être gérable sur le mois et demi qu’on a à passer ici. Du coup, il va falloir qu’on rogne sur d’autres postes de notre budget… Ce sera celui alloué aux souvenirs et aux cartes postales, désolé, mais faut nous comprendre, on peut faire des concessions mais pas sur tout !