vendredi 13 avril 2012

La Patagonie balnéaire


Et bien voilà ce qui arrive quand on se croît en vacances… On fainéantise, on procrastine, on se dit qu’on aura bien le temps d’écrire un article demain… Bref on fait une entorse à la discipline qu’il faut pour mettre à jour ce blog régulièrement et pour essayer d’avoir d’ici quelques mois une trace écrite de ce qu’on a ressenti sur le vif. Et puis voilà, on s’y remet, et là on s’aperçoit que l’étape précédente est déjà classée dans la catégorie souvenir.


Tant pis pour le côté « à chaud », on dira qu’on s’est laissé entrainer par l’atmosphère balnéaire des villes de Bariloche et de San Martin de los Andes. Et en effet, on s’est laissé porter ; pendant cette dernière semaine, on a fait nos touristes, ni plus ni moins ! Tout comme les nombreux argentins venus prendre l’air pendant la semaine sainte, on a suivi les consignes des offices du tourisme locaux en empruntant bien sagement les itinéraires tout tracés.

A Bariloche tout d’abord, ville de montagne connue pour son atmosphère semblable à la Suisse. On a fait le tour des chocolateries qui font la renommée de la ville, on est allé voir le plus gros œuf de Pâques du monde (Passionant !), on a fait du lèche vitrine, on est allé sur la ballade qui permet d’avoir un joli point de vue sur le lac, on a (enfin) mangé notre GROS morceau de bœuf dont il est difficile de venir à bout, malgré qu’on l’ait commandé en demi-portion (oui, la spécialité culinaire du pays se résume au sketch de Florence Forresti, du bœuf et des patates, en grande quantité !) … On n’est pas allé jusqu’à se faire photographier à côté des Saint-bernards avec leur petit tonneaux qui pendouillent autour du cou (souvenir soi-disant incontournable de la ville) mais il s’en est fallu de peu !
Et rebelote à San Martin, marchés d'artisanat, dégustation de glaces au dulce de leche, longues promenades, visite d’un musée sur le Che (le jeune Ernesto aurait passé quelques nuits ici lors de son premier périple à travers l’Amérique du Sud, le prétexte est suffisant pour ouvrir un musée !), écriture de cartes postales au soleil, farniente… Les vacances quoi !

 

Mais au final, ces derniers jours ont filé très rapidement, dans la mesure où une partie non négligeable de notre temps s’est écoulé dans le bus. Ce qui a d’ailleurs été source de frustration, les paysages traversés ont été magnifiques mais impossible de faire arrêter la machine pour aller gambader un peu (et prendre quelques photos). C’est là qu’on regrette vraiment le mode de voyage en van de l’Océanie, et la liberté de s’arrêter où bon nous semblait qui va avec (par contre, les températures extérieures la nuit ne nous l’ont pas fait regretté du tout). La Patagonie aurait peut-être méritée qu’on la traverse un peu moins vite, mais c’est un prétexte tout trouvé pour revenir y faire un tour d’ici peu !

mardi 10 avril 2012

Le pays du Maté...!


Un peu plus de 100 litres par an et par tête d’argentins, ça fait une jolie consommation. Pas étonnant donc que depuis notre arrivée dans ce pays, nous croisions partout et en toutes circonstances des locaux dégustant leur maté, qu’ils soient en train de conduire un bus, de faire une rando ou de tenir la caisse d’un supermarché ; Et ça malgré l’organisation que ça implique, parce qu’ils ont beau tous en boire, il ne faut pas croire qu’on en trouve à tous les coins de rues. Le Maté, c’est sacré, et ça demande une certaine organisation : disposer de sa propre calebasse et de sa bombilla, se trimbaler son thermos d’eau bouillante et surtout avoir sa « yerba » (l’herbe à maté), dont il existe de multiples variétés, sujet sur lequel chacun semble avoir des idées bien arrêtées.

Du coup, pour nous, en tant qu’étrangers, ça n’a pas été évident d’arriver à découvrir le goût particulier (amer, entre la chlorophylle et la réglisse) de cette boisson. C’était vrai jusqu’à ce que nous croisions Cécilia et Bruno dans la cuisine d’une auberge, 2 argentins débordants de générosité (ils voulaient tout nous faire découvrir, tout y est passé, depuis le maté, la bière locale, la truite marinée et la musique folklorique du frangin, en passe de devenir une star dans le pays paraît-il ! Et puis au fait, le vin de framboises, vous allez bien y goûter au vin de framboises? ). On a donc pu être « initiés au rituel » : remplir au ¾ la calebasse d’herbes, y verser l’eau bouillante, faire passer à son voisin pour boire chacun son tour mais sans s'éterniser, de préférence dans le sens antihoraire « pour que le temps s’écoule moins vite », changer la moitié de la yerba régulièrement pour limiter l’amertume tout en préservant l’arôme, et privilégier l’édulcorant au sucre (ça c’était l’instant « secret de beauté », pour la coquetterie, mais vu que Cécilia consomme en moyenne 4 litres de maté par jour, c’est peut-être effectivement plus raisonnable !). Verdict positif, mais je pense que l’ambiance (et le vin de framboises) devait y être pour quelque chose. En attendant, on n’est pas à l’abri de voir nos 2 argentins débarquer en Normandie prochainement, ce sera l’occasion pour nous de leur rendre la pareille !

lundi 9 avril 2012

Le continent du café...?

L'Amérique du Sud, le continent du café...? C'est ce qu'on croyait avant de venir, ou plutôt avant d'être déçus 3 fois consécutives en voyant notre commande arriver...


vendredi 6 avril 2012

La route du (Barilo)Che


36 heures de transport, c’est le prix à payer quand on cherche à s’extraire par voie terrestre du bout du monde. Assurément, le trajet le plus long de ce voyage, mais aussi l’un des plus confortables, malgré les milliers de kilomètres parcourus sur les portions de route non goudronnée. Cet itinéraire nous ayant amené jusqu’à Bariloche empruntait la mythique Ruta 40, équivalent argentin de la Route 66 traversant intégralement le pays du Nord au Sud, et faisant partie intégrante du parcours du Che lors de ses voyages initiatiques à moto.

De notre côté, aucune velléité révolutionnaire ne nous est apparue pendant le trajet, si ce n’est un grand vent de rébellion contre le mec qui a osé nous préparer des plateaux repas qui n’auraient pas rassasié l’appétit d’un morpion de 5 ans et qui intégraient une substance gélatineuse non identifiée en guise de dessert ! Hasta la victoria contre el « malbouffe » siempre !

jeudi 5 avril 2012

On tient le bon bout


Enfin, nous y sommes arrivés, non sans mal… 

Ushuaia ou le bout de la Terre, ville la plus australe du monde (ce qui est en réalité inexact, Puerto Williams sur la partie chilienne de l’île est plus au Sud encore, mais la vérité est malléable quand il s’agit d’attirer les voyageurs). Assurément, nous sommes venus ici par curiosité, pour découvrir l’ambiance qui règne sur Terre de Feu, pour voir à quoi la vie peut bien ressembler sur ce point de la carte qui paraît si mystérieux… Mais, il ne faut pas se le cacher, le côté symbolique d’une étape  au bout du monde a fortement pesé dans la balance aussi. Et c’était plutôt nécessaire… La perspective de se cailler sérieusement, ce qui est normal ici, cumulée avec des prévisions météos qui ne faisaient pas rêver… La réputation des tarifs exorbitants pratiqués ici…  Les 12 heures de bus nécessaires à la descente… et pour couronner le tout, l’entente entre toutes les compagnies de transport pour pratiquer des tarifs ahurissants pour quitter les lieux (on a croisé nombre de voyageurs qui prolongent significativement leur stop ici, dans l’attente de trouver un bon plan pour s’échapper)… Au final, on a pesé le pour, puis le contre, puis de nouveau le pour, et on a clôt le débat sur un commun accord (« maintenant qu’on est là, ce serait vraiment bête de ne pas y aller, l’opportunité ne se représentera surement pas de sitôt ! »). On finit par y aller et prendre le risque de se faire du mal budgétairement pour aller se faire mouiller alors qu’on est bien au chaud un peu plus haut.

Première impression, un trajet en bus encore scotchant, la traversée du détroit de Magellan, deux passages de frontière, quelques stops dans des « villages » de 3 voire 4 maisons…. et des paysages incroyables qui défilent! Cela débute par une longue traversée du désert (relativement similaire à celui observé plus au Nord), puis débouche sur une arrivée subite dans des massifs montagneux aux cimes enneigées, des lacs embrumés, et surtout de grandes forêts aux nuances jaune, orange et surtout rouge vif. C’est l’automne par ici, et à première vue on pourrait croire que le nom de l’archipel, Terre de Feu, provient de la couleur de ces feuillages. L’origine est en fait tout autre : ce nom a été donné par les premiers colons qui, à l’approche des côtes, distinguaient de très nombreux feux sur l’île, dont certains en  mouvement. Les Selknams, premiers habitants de la région, vivaient intégralement nus, se recouvrant le corps de graisse animale; Pour se protéger du froid, ils allumaient donc de nombreux feux, y compris sur leurs bateaux (à l’aide de foyers en pierre qu’ils disposaient au centre de leurs embarcations). Tout ça est maintenant bien fini, les gens sont maintenant équipés de doudounes dans les parages; sauf Nicolas Hulot, qu'on a croisé qui déambulait à poil dans les rues d’Ushuaia, on confirme bien qu’il n’était pas armé pour la Présidentielle…

Deuxième impression, à la sortie du bus, Ushuaia, c’est pas terrible ! Un grand port, sans charme apparent, peu de patrimoine architectural, des constructions à la va-vite et qui ne semblent pas très réfléchies, des boutiques pour touristes sans grand intérêt… Petite déception, mais qui s’échappe vite lorsqu’on tourne le regard vers les montagnes ou vers le détroit de Beagle. D’autant plus que pour une fois, la météo a été plutôt pessimiste, il fait froid, soit, mais la pluie / neige fondue est très limitée et le soleil se montre régulièrement.



Troisième impression, il y a quand même un truc particulier dans l’atmosphère de cette ville. C’est effectivement le bout du monde, on se sent vraiment isolés, à l’écart. Les choses avancent lentement, au-delà des navires qui passent et des quelques avions qui décollent, la vie ici semble très réglée, calme et presque douce. La modernité est présente, mais pas envahissante. Sortis de la ville, au bout de quelques centaines de mètres, on se sent vraiment petit face aux éléments, le relief est dur, le climat aussi. Les espaces naturels sont encore très vierges, les animaux présents en abondance. On trouve au final une vraie authenticité, celle qui semble d’apparence manquer à la ville en elle-même.

Dernière impression, la plus étrange, celle d’être à Ushuaïa…. Chaque action, aussi anodine soit elle, prend un sens particulier : prendre un bus à Ushuaia, se cuisiner une ratatouille à Ushuaia, boire un verre avec des brésiliens à Ushuaia, faire des randos à Ushuaia… Tout ça résonne étrangement, on y est, c’est étrange, et assez surréaliste !

PS : Ah non, il y a encore une autre impression, un peu amère celle-çi : celle de se faire effectivement racketter par les différentes compagnies de bus pour parvenir à s’échapper d’ici, et de se dire qu’on a eu tort de se croire plus malins que les autres, qui eux ne savent probablement pas s’y prendre … c’est pas comme si on avait pas été prévenus !

dimanche 1 avril 2012

Passe-frontière


Nos premiers pas en Argentine furent quelques peu déstabilisants mais pour l’heure, nous retournons au Chili pour retrouver de nouveau l’Argentine dans un ou deux jours. En Patagonie, la frontière entre les deux pays est très biscornue et beaucoup d’habitants ont d’ailleurs la double nationalité. Notre prochaine destination est la Terre de Feu, séparée elle aussi entre le Chili et l’Argentine. Nous souhaitons aller à Ushuaia (côté argentin) mais la route nécessite une étape intermédiaire, et la faire au Chili est nettement moins couteux. Ca ne va pas être bon pour notre bilan carbone, mais parfois l’économie a raison de notre bonne conscience écologique… Ce nouveau passage de la frontière nous donnera l’occasion de nous tenir informé des scores du tournoi de Ping Pong de la douane argentine, et de compléter notre collection de tampons dans nos passeports !

Notre étape chilienne est donc quasi terminée, mais pour autant on a vraiment du mal à se faire une représentation claire de la culture de ce pays : notre descente du Chili s’est fait par grandes enjambées, on n’a donc pas eu l’occasion de se forger une image précise et unique de la culture chilienne. On a vu plein de petits morceaux de ce pays, tous très différents. Dans tous les cas, on a pu constater que les gens étaient accueillants et qu’ils avaient un mode de vie très européanisé, mais difficile d’en dire plus.

On n’a donc plus le choix, il faudra qu’on passe par le Nord du Chili après avoir remonté l’Argentine.