dimanche 22 janvier 2012

Aotearoa, premiers pas



Après avoir fêté comme il se doit notre dernière soirée en Australie avec Emma et Fab’ (Léo nous a vite quitté, c’est un p’tit joueur !), nous nous sommes repliés dans nos quartiers pour boucler de nouveau nos sacs, écrire les dernières cartes postales et briquer nos chaussures (les contrôles à la frontière néo-zélandaise sont des plus rigoureux, interdit de souiller leur beau pays). 4h du matin, après 3 petites heures de sommeil, les yeux peinent à s’ouvrir mais l’excitation de reprendre l’avion et de redécouvrir un nouveau continent nous permet malgré cela de nous frayer un chemin dans le réseau de transport de Sydney puis dans l’aéroport international, jusqu’à échouer sur les sièges moelleux de notre avion. Les 3 heures de vol passent à vitesse grand V, 1h30 à somnoler, 1h30 à prendre le ptit déj devant Shrek 3, en gros, ça ressemble à un mercredi matin en France quand on avait 7 ans, à la différence près que les Choco Pops ont été troqués contre le classique fayots-saucisses-bacon-oeufs!

Atterrissage à Christchurch (île du Sud de la Nouvelle Zélande), les yeux sont maintenant grands ouverts, et nous filons chercher notre nouveau van qui sera notre compagnon de route pour les 18 prochains jours, jusqu’à ce que nous retrouvions Thierry et Christine. Ciao Smartie et ses emmerdes, vive Jucy, son assurance complémentaire qui nous couvre pour tout à 100% (on a retenu la leçon !), sa petite taille (c’est plus un monospace qu’un vrai van), sa carrosserie verte et violette dont le côté passe-partout est limité et son confort grand luxe pour les voyageurs que nous sommes (notamment un frigo, un évier et clou du spectacle, un lecteur Dvd au  dessus du lit !).

Pour nos premiers kilomètres sur « Aotearoa », surnom du pays qui signifie la terre du long nuage blanc en Maori, ledit nuage se veut plus gris que blanc, les Kway sont donc de sortie et notre journée de demain sera probablement consacrée à l’achat d’une polaire ! N’ayant pas franchement pris le temps de bien planifier notre périple, on se dirige vers Little River sur la péninsule de Banks, terrain connu pour Simon et terre inconnue pour Maud, où la pluie va nous contraindre à prendre le temps de décortiquer la doc que nous avons sur le pays !

vendredi 20 janvier 2012

Mi-temps

Fin de l'Australie...début de la Nouvelle-Zélande! C'est la mi-temps, mais sans retour aux vestiaires, on attendra la fin du match pour le debriefing!

Comme des rois!


Après nos péripéties et nos quelques jours de transit un peu bousculant (c’est qu’on avait perdu l’habitude du sac à dos et des nuits dans le bus), nous avons retrouvé le confort d’un foyer tout douillet dans la banlieue de Sydney pour passer nos 4 derniers jours australiens. Nous avons été accueillis à bras ouverts, et c’est peu de le dire, par :
  • Fabien, ancien colloc nordiste, reconverti au rythme de vie locale et pas désireux pour 2 sous de revenir dans notre douce France ;
  • Emma, sa chère et tendre, une australienne pure souche qui se laisserait bien tenter par une escapade prolongée en France ;
  • Et Léo, petit bout d’un an, qui ne parle encore ni anglais ni français et qui n’a pas encore d’avis tranché sur l’endroit où il aspire à vivre sa vie !


Un grand merci à eux, notre visite de fin de parcours s’est transformée en vraie escale dépannage, mais malgré ça, ils se plient quand même en 4 pour qu’on se sente comme des rois !

GoMA

Gallery of Modern Art - Brisbane










Le verre à moitié plein!


Passés les courts moments de baisse de régime qui ont suivi les péripéties du week-end dernier, on en est vite revenu à voir le côté « à moitié plein » de notre grand verre d’évasion, et on tâche d’ailleurs d’y replonger nos lèvres le plus possible pour en prendre de grandes gorgées !

Au-delà des petits tracas administratifs qu’il nous reste à régler, tout ça est déjà loin derrière nous (tout du moins, le van est maintenant à 1200km de là où on se trouve désormais), et cette distance nous permet maintenant de voir les choses avec un filtre d’optimisme :

  • nous avons eu le plaisir de pouvoir découvrir de fond en comble la petite bourgade de Gin Gin, et sans ça, il est sûr qu’on n’y aurait pas passé plus de 5mn vu à quel point ses charmes sont bien cachés ;
  • notre anglais s’est encore enrichi, notamment concernant le domaine de la mécanique ; les mots remorquer / to tow, pare-buffles / bullbar ou encore boîte de vitesses / gearbox font maintenant partie de notre vocabulaire courant, et contrairement aux apparences, ça s’avère très utile sur les routes australiennes (2 fois en un mois et demi pour nous, c’est dire !) ;
  • Maud et moi avons eu de nouveau l’occasion de mettre à l’épreuve notre complémentarité en cas de pépin, et on s’en est plutôt pas trop mal sorti ;
  • les activités rangement et nettoyage du van qui étaient au cœur de notre programme de notre dernière journée en Australie ont été tout simplement annulées, ça a provoqué en nous le même genre de petite joie que peut ressentir un lycéen lorsque, une heure avant un contrôle, il apprend que son prof est arrêté pour la journée ;
  • nos contrats d’assurance divers et variés, que jusqu’ici nous nous étions efforcés de lire en diagonale et avec grande peine, n’ont maintenant plus de secrets pour nous ;
  • notre connaissance des bus au travers le monde s’est complétée de 2 sublimes trajets Gin Gin – Brisbane (7h) et Brisbane – Sydney (17h), pour un peu on aura bientôt matière à écrire un bouquin comparatif sur le sujet ;
  • contrairement à ce que nous avions prévu (disons que nous avions tendance à privilégier les grands espaces naturels aux villes que nous imaginions très typées européennes), nous avons pu visiter Brisbane, la troisième plus grande ville du pays, et ce fut une excellente surprise ;
  • au lieu de rendre une visite furtive à Fabien, Emma et Léo en fin de parcours, nous allons pouvoir profiter d’eux (et de leur hospitalité à toute épreuve) bien plus longuement ;



Bref, nous sommes repartis du bon pied et, une fois les prises de becs avec les assurances passées, ce petit épisode sera définitivement classé dans la catégorie des petites galères qui constitueront les faits marquants de ce voyage !

mercredi 18 janvier 2012

Il y a des jours avec...


...et d'autres sans.

Dimanche, 5h30 du matin, on est levé. Un petit coup d’eau sur le visage et on prend la route direction Town of 1770 pour rejoindre en bateau l’île de Lady Musgrave. Au programme : croisière en bateau, observation des fonds marins et snorkelling dans la barrière de corail. 8h, on embarque sur le bateau.
Il pleut, il y a du vent mais ce n’est pas grave, la journée nous motive bien. La mer est agitée. On saute sur les vagues, le bateau tangue, une personne sur quatre vomit autour de nous puis au bout d’une heure et demie de traversée, le capitaine nous annonce que la journée est annulée car les conditions météorologiques sont trop mauvaises. Déçus et complètement mouillés, on fait demi-tour. Premier moment de flottement…

Les jours de HelpX nous avaient permis d’économiser pour cette journée. Remboursés, nous réfléchissons à ce que nous pouvons nous offrir qui vaille le coup. On se dit que la Nouvelle Zélande devrait présenter des opportunités.

On reprend donc la route et décidons de redescendre tranquillement vers Sydney (1200 km) par les terres. Il pleut toujours. A 13h30 : aquaplaning… [SPLASH] après deux têtes à queue, nous sommes stoppés par le pare-buffle d’un gros camion (Double remorques transportant du pétrole…) qui arrivait en sens inverse. Plus de peur que de mal, nous n’avons rien mais « Smartie » est tout cassé. Second moment de flottement (et jolie frayeur)…

En 5 minutes, deux ambulances, deux camions de pompier et deux voitures de police étaient sur les lieux. On fait une déclaration d’accident puis 20 minutes plus tard, tout le monde est reparti et nous nous retrouvons seuls sur le bord de l’autoroute à attendre le dépanneur. On nous dépose dans la bourgade la plus proche et l’agence de location nous informe que nous devons laisser le véhicule dans cette ville, ils viendront le chercher à nos frais, on ne nous remplace par le van et devons rentrer à Sydney par nos propres moyens. Ils nous enverront la facture par la suite. Coup de grâce!

Affaire à suivre, on attend maintenant de savoir à quelle sauce les assurances australiennes vont nous manger !

dimanche 15 janvier 2012

Il est où le cul-cul, elle est où la té-tête


Le Helpx terminé, nous reprenons la route direction Bundaberg et sa plage nommée « Mon Repos », lieu où se concentre la plus grande population de tortues de mer de l’hémisphère sud, venue ici pondre de novembre à mars.

Nous attendons dans un centre de recherche et de sauvegarde des tortues de mer que le rangers viennent nous chercher pour nous emmener sur plage, en sachant qu’il existe un risque non négligeable qu’aucun spécimen ne nous fasse l’honneur de sa venue. Au bout de quelques heures, c’est à notre tour, dans le noir, nous nous approchons d’une tortue de mer, âgée de 50 ans, mesurant près d’un mètre et pesant 90 kg. Malgré la pluie et le vent qui règnent sur la plage, nous l’observons pendant deux heures du début à la fin.

Tout d’abord, la tortue creuse un trou (profond de 50 cm). Il faut savoir qu’elle creuse avec ses pates arrières et donc ce que l’on voit n’est pas sa tête mais sa queue (constat que Maud s’est fait au bout d’une bonne demie heure d’observation…mais en pleine nuit, on ne voit pas très bien !). Lorsqu’elle a fini de creuser, une équipe de scientifiques vient lui faire un checking complet (échographie, mesures en tout genre, identification…) puis la laisse pondre ses œufs dans le trou. Après avoir fièrement évacué 101 balles de ping-pong, elle les recouvre de sable et tasse celui-ci avec son poids avant de retourner à la mer. Au bout de quelques semaines, les bébés sortiront. En moyenne, une tortue sur 1000 survit jusqu’à l’âge adulte. Afin d’augmenter le nombre de survivants, les chercheurs déplacent les œufs et les remettent dans un endroit où les autres animaux (renards, crabes) seront moins tentés de les manger, opération à laquelle on a eu le plaisir de participer.